Un blog un peu mode, un blog de rien, un blog de fille comme les autres quoi !, écrit par une intellectuelle en manque de superficiel !
Et résolument montréalais, le site...:-)

vendredi 6 mai 2011

OUI !

Vous vous en doutez, puisque la dernière fois je vous disais que j'ai "le Québec dans la tête et un pays dans le coeur", j'ai perdu mes élections... Ça fait mal, un peu, mais ça donne surtout envie de se retrousser les manches et de continuer, d'aller plus loin et plus haut.

En novembre dernier, il y a eu un hommage à Monsieur-mon-Père. J'ai toujours fait attention pour ne pas trop en dévoiler, mais les plus fins sauront qui il est à la lecture du texte suivant... Aux autres, je ne vous dirai qu'une chose: mon père n'est pas Gilles Duceppe. :-) Voici un texte remodelé, de ce que je lui ai dit en novembre et redit lundi.

Miss Marie


Papa, quand je suis née, tu étais encore prof d’économie au cégep.
Quand Petite-Soeur est née, tu étais syndicaliste.
Et quand Petit-Frère est né, tu te préparais à devenir député de Joliette.

En novembre dernier, on était tous là pour souligner tes dix ans à titre de député. Tous réunis ensemble, tes enfants, ta famille et ton autre famille, ta famille politique…

Nous, ta famille, on connaît un autre côté de toi. Le côté en gougounes, en short et en t-shirt de la fête nationale, d’un organisme ou d’une lutte syndicale. C’est sûr qu’on vit avec ta carrière. On s’arrête quand quelqu’un veut te parler au ski. On s’inquiète quand tu as un vote important sur le mariage gai qui fait qu’on ne sait pas trop si tu vas pouvoir partir en même temps que nous pour l’Italie. Mais surtout, on tend une oreille fière quand on t’entend à la radio ou à la télé. Et on vit tes victoires… et ta défaite avec autant d’intensité.

J’imagine que tu te souviens de la fois où mon école primaire t’a appelé pour te demander d’arrêter de me donner des autocollants… Vous savez, ces autocollants qui étaient produits pour soutenir une lutte syndicale ? J’étais tellement de tout cœur avec toi que j’en distribuais à mes amis. Et que mes amis les collaient un peu partout dans l’école. 

Même si l’école appréciait mon sens de la justice sociale, elle appréciait un peu moins qu’on la montre de façon aussi… ostensible. Papa, tu as su nous transmettre ce sens de la justice sociale. Tu nous as montré que tout le monde n’était pas aussi chanceux que nous et qu’il fallait les aider, ou plutôt les défendre.

Tu nous as encouragé à avoir une ouverture d’esprit. Une ouverture d’esprit, qui aujourd’hui, te dérange des fois. Mais te rend toujours fier de nous. 

Aujourd’hui, je fais une maîtrise en science politique et je suis commissaire scolaire. C’est un peu à cause – ou plutôt grâce – à toi et aux nombreuses discussions politiques qu’on a eu autour de la table… À toutes les fois où je t’ai suivi dans des manifestations… À toutes les fois où je t’ai suivi dans des soirées politiques, notamment pendant le référendum de 1995. Malgré l’âge que j’avais à l’époque, je m’en souviens comme si c’était hier. 

Si Clara a un si bel esprit libre, si Thomas est aussi curieux, c’est un peu grâce à toi. Merci.

Tu nous as encouragé à avoir des opinions. Mais surtout à avoir le courage de nos convictions. Je me souviens d’un après-midi du mois de juillet 1998 où tu es venu me chercher au camp… Tu as passé le chemin du retour à répondre à des appels sur ton énorme téléphone cellulaire pour expliquer les raisons pour lesquelles tu quittais la CSN. Merci de nous avoir montré ça.

Tu nous as appris qu’il faut avoir des rêves. Des rêves pour nous… Mais aussi, des rêves pour le nous collectif. Faire un pays, c’est d’abord le rêver. Malgré la défaite, on va le rêver un peu ensemble. En se rappelant qu’il n’y pas que chacun d’entre nous qui y travaille. Qu’en fait, on est une méchante grosse gang !

Si c’est dans l’adversité qu’on voit nos vrais amis, c’est avec nos vrais amis qu’on peut combattre l’adversité. Lundi, les résultats du scrutin nous ont conviés à ça. Resserrons les rangs, les coudes, remontons nos manches et allons-y ! Travaillons et rêvons !

Papa, dans toute ta carrière tu as accompli beaucoup de choses ! Mais il t’en reste beaucoup à accomplir. Un jour, bientôt, on accomplira la plus grande chose qu’un peuple peut faire pour lui-même. Je suis sûre que vous savez de quoi je parle.

Vive le Québec ! Mais surtout, vive le Québec libre !

2 commentaires:

Marie a dit…

J'ai perdue mes élections aussi :(

D'ailleurs, je t'ai reconnu pendant la soirée électorale, quand Duceppe a fait son entrée suite à l'annonce fatidique. Ça devait être si fébrile la-dedans.

Très joli hommage à ton papa. Ça m'a fait sourire parce que je pourrais sensiblement écrire la même chose, sauf que le mien est derrière plutôt que devant.

Miss Marie a dit…

Décidément... Merci !